Drôles et attachants Célibataires, la critique de la rédac’

Drôles et attachants "Célibataires", la critique de la rédac’

Pièce drôle et réflexive aux personnages attachants, Célibataires a fait l’objet de prolongations, un succès plus que mérité ! Mettant en scène le déclin d’une agence matrimoniale et de l’authenticité des rencontres qu’elle propose, avec l’arrivée d’internet qui révolutionne les relations amoureuses, la pièce ajoute sa pierre à l’édifice de la réflexion amoureuse. On adore !

Sièges confortables, belle visibilité, décor minimaliste, musique détendante et ambiance décontractée, bienvenue au Proscenium ! Le spectacle peut commencer : « Qu’est-ce que tu veux, avec Internet les gens se connectent entre eux maintenant, nous on ne sert plus à rien ». Sylvie et Michel employés d’une agence matrimoniale, œuvrent depuis de longues années en faveur des autres au point d’en oublier leur propre bonheur. Célibataires endurcis ils voient leur vie comme leur cœur basculer par la tempête internet qui met fin à une ère à laquelle ils s'étaient depuis trop longtemps accoutumés.

Drôles et attachants célibataires, la critique de la rédac’

Vous l’aurez compris, l’amour, tête d’affiche, est à l’honneur ! Parvenus à une période charnière de leur vie, les deux employés perdus et qui se sont un peu oubliés, parviennent en phase de découverte de leurs sentiments. En effet, il est temps pour eux de mettre leurs années de métier à profit, et, cette fois-ci, pour eux ! Malgré tout c’est la maladresse qui prime : « J’aime bien comment tu parles », « Comme si tes yeux étaient dans un train ». Difficulté à faire part de ses sentiments pour lui (Jean-Pierre Baliros) qui, tenaillé par la peur d’en dire trop, ajoute toujours le mot qui dissimulera son affection inavouée bien que déjà ancrée pour Sylvie (Corinne Yvars). Elle, déboussolée et prise dans un torrent d’humeurs (désillusion, colère, peur, désir, désespoir etc), peine aussi à faire avancer leurs affaires. Une maladresse touchante pour des personnages plus attachants encore en plein bouleversement, professionnel mais bien vite émotionnel.

Drôles et attachants célibataires, la critique de la rédac’

Peu à peu le voile se lève sur les sentiments et c’est un bonheur de voir ce couple en devenir reprendre goût à la vie ! « Ce n’est pas parce qu’il fait nuit que le jour n’existe pas » ou l’art d’entretenir même le plus petit espoir. Un credo naïf certes mais qui nous fait sourire. A cela s’ajoute une facette comique. Punchlines inattendues, coquaces et amusantes telles que « Ton visage, on dirait un antidote à la vie », danse imprévue ou histoire de la grenouille : tout est mis au service du rire pour passer un moment des plus agréables. Dans la salle, le public vivifié rit aux éclats. Pour l’exemple, on retient plus particulièrement cette remarque à double sens : « J’ai toujours trouvé un côté maniaco-pervers aux souris. Il faut dire que l’emmental est le seul fromage à trous ».

Enfin, en donnant à voir l’authenticité des rencontres telles qu’elles se faisaient à la manière des agences matrimoniales (avec les fameuses fiches !) et ce qu’il en est aujourd’hui, Célibataires fait preuve d’une réflexion pertinente qui prolonge le débat sur les relations actuelles pour une comédie d’humeurs très humaine. Humour décalé, ironie bien pensée, espoir, déferlement des sentiments et des humeurs en période mouvementée, une pièce aussi riche que prenante qui donne le sourire. C’est bien simple, on ne voit pas le temps passer !

Drôles et attachants célibataires, la critique de la rédac’

Le plus ? Les comédiens : convaincants et habités, leur performance vaut le détour. Aussi les brefs moments de coupure sont habilement occupés : ambiance piano bar avec un son que l’on pourrait attribuer à Michael Bublé et une reprise du classique de Léo Ferré, « Avec le Temps », les interstices musicales entretiennent l’ambiance pour notre plus grand plaisir !

Célibataires était au Théâtre le Proscenium, 2 passage de bureau dans le 11è arrondissement de Paris.

Par Astrid Dallemagne le 02 avril 2015
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