The Seasons, l’interview hors du temps

The Seasons, l’interview hors du temps

A l’occasion de sa tournée française, le groupe québécois The Seasons a assuré quelques dates dans la Capitale. L’occasion pour Quejadore de rencontrer ce groupe venu d’un autre temps !

Vos premiers concerts en France se sont bien passés ? Comment avez-vous trouvé le public français ? Est-ce que c’est un pays particulier musicalement ?

Julien : "C’était vraiment génial ! Les Français ont beaucoup d’énergie à donner ! Quand ils viennent nous parler après les concerts, tu vois qu’ils ont une très belle culture musicale, ils savent de quoi ils parlent !"

Et dans votre public, vous avez retrouvé des rockers nostalgiques, qui ont connu l’époque des Zeppelin, Stones et Doors ou est-ce que vous avez plutôt un jeune public qui aime les sons des années 60/70 et les retrouve à travers vous ?

Hubert : "En France, ce n’était pas notre public car on n’est pas encore très connu, c’était plus le public d’autres artistes qu’on a pu rencontrer. On n’est pas un groupe qui cible un public uniquement jeune ou mélomane. Je pense que c’est vraiment un mélange, on ratisse assez large. C’est vrai qu’en première rangée, tu peux voir des jeunes, et en arrière, bien souvent, tu vois des gens plus vieux qui viennent juste écouter. C’est très varié !"

Remy : "Mais c’est vrai qu’on retrouve parfois des vieux rockers qui viennent assister à nos concerts ! On leur rappelle certainement leur passé rock !"

D’ailleurs, pourquoi ce nom de groupe ? Vous étiez quatre donc The Seasons comme les quatre saisons ? Ou vous avez voulu recréer l’ambiance des noms des groupes comme The Beatles, The Strokes, The Darkness  ?

Julien : "Avant notre premier spectacle, on avait un groupe mais nous n'avions pas encore réfléchi au nom ! Le producteur du spectacle nous appelait sans arrêt car il en avait besoin pour les flyers. Il nous a donc dit « Come on ! Il faut que je prépare le spectacle alors dépêchez-vous de trouver un nom ! ». Sous la pression on a « brainstormé » et on est arrivé à The Seasons, sans qu’il n’y ait aucune histoire derrière. On s’était dit qu’au pire on le changerait après. Mais une fois le premier spectacle passé, d’autres se sont enchaînés derrière, et on a commencé à avoir un petit groupe de fans qui nous suivait, on a donc gardé The Seasons et on a finalement commencé à bien l’aimer !"

Qu’est-ce que vous aimez aborder dans vos textes ? Est-ce que vous reprenez les grandes thématiques du rock : amour, femmes, drogue, rupture, changement ? Et qui écrit les paroles d’ailleurs ?

Julien : "Hubert et moi écrivons les paroles et composons la musique également."

Hubert : "On va dire qu’on arrive avec une espèce de squelette de chanson qui est la mélodie. Avec le groupe, on travaille ensuite tout ce qui est arrangement, et la manière dont on veut que ça sonne sur l’album. Nos chansons abordent beaucoup le thème du changement. On pourrait reprendre l’expression en anglais qui dit « Coming of age », ce n’est pas forcément le passage de l’adolescence à l’âge adulte, ça peut-être des bons changements ou juste des étapes pour arriver à quelque chose. C’est l’idée de la réalisation en fait dans toutes les parties de la vie en général."

The Seasons, l’interview hors du temps

Est-ce que vous avez des âmes et un quotidien de rocker ?

Remy : "On essaye mais ça ne marche pas ! Une chose est sûre c’est qu’on en profite pas mal. Depuis quatorze jours on est en voyage, on essaye de profiter de chaque endroit dans lequel on va. C’est sûr qu’il y a forcément une diminution des heures de sommeil et une augmentation de la consommation d’alcool mais surtout beaucoup de rires. C’est peut-être ça le rock !"

Hubert : "Je ne pense pas qu’on soit vraiment des rockers, je ne sais pas en fait… On aime la vie, on vie notre vie, je ne peux pas dire si c’est être rocker ou pas."

Samuel : "Après tout le rock, c'est certainement plus une façon de vivre. Ça peut-être : les voyages, la musique, l’alcool. Ce n'est pas qu'une question de musique."

Quelles étaient vos horizons musicales avant de vous rencontrer ?

Julien : "Nos influences musicales, à proprement dit, sont variées mais il y a quand même une espèce de fil conducteur qui relie les quatre membres du groupe. C’est-à-dire que même si Rémy et Sam écoutent des choses que, personnellement, je n'ai pas l'habitude d'écouter, on va quand même respecter les mêmes choses à travers la musique. C’est donc facile de comprendre, d’absorber et de mettre en pratique les différents horizons de chacun."

Hubert : "On a quand même une multitude de groupes que l’on écoute tous les quatre : The Beatles, Simon and Garfunkel, David Bowie, Beck, The Smiths…. La liste est très longue vous avez le temps ?"

Ces groupes vous influencent dans vos compositions ?

Remy : "Oui, ils nous influencent mais on ne récupère pas les sonorités. On va dire que l’on s’intéresse à la production des chansons, le traitement de la voix, la relation entre la voix et les instruments, mais on ne prend jamais les choses telles quelles. C’est une influence autour de l’approche. On aime souvent la musique surprend ! Par exemple MGMT ont beaucoup de cassures dans leurs chansons qui viennent complétement éclater le son. Lorsque l'on écoute un de leurs morceaux, on va se dire que ça pourrait être intéressant de créer un moment plus psychédélique dans nos chansons, qui viendrait créer aussi une brisure, sans pour autant copier exactement ce que fait MGMT. Je pense que quand tu essayes de copier exactement, c’est là que ça cloche. Le public le sent. Les groupes pastiches se repèrent directement, tu vois tout de suite que tout est copié et rien n’est créé."

Hubert: "C’est vrai que souvent les groupes qu’on aime ont une philosophie de production de musique qui nous intéresse. Avec les trois ans que l’on a passé ensemble, on s’est vraiment entendu sur une manière de faire. Pour la voix, c’est vrai que quand tu écoutes un artiste beaucoup de fois, tu te mets à reprendre des mimiques vocales, mais c’est très subtile, tu ne t’en rends même pas compte. Tu te forges ton identité musicale en emmagasinant tout ce que tu peux écouter. Lorsqu’on travaille, on teste plein de choses, comme le ferait la musique expérimentale par exemple. On se demande ensemble comment traiter la chanson d’une manière qui serait spéciale, qui serait du jamais vu !"

Samuel : "Je ne pense pas qu’il faut que ce soit réfléchi. Même pour le montage des chansons par exemple, bien souvent Hubert et Julien arrivent avec la plupart des accords, mais une fois qu’on la joue c’est là qu’elle se met en vie ! On teste, on essaye plein de choses, on va dans plein de directions. Si Rémy trouve un bit de batterie dans un style complètement différent de ce qu’Hubert pensait, on essaye de l’inclure et on recompose autour de ça ! C’est de la compo au sens pur !"

The Seasons, l’interview hors du temps

Vos looks sont hyper atypiques, vous aviez ce style avant de créer le groupe ou vous vous êtes créés une « identité » propre à votre groupe ?

Julien : "On s’amuse beaucoup. Cet hiver au Québec, on a fait une tournée qui s’appelait « La tournée des nuits pulpeuses », on s’était entendu sur une direction en général, que ce soit au niveau vestimentaire, des éclairages, de ce que l’on voulait apporter au public. On s’est mis à porter des vêtements qui allaient avec cette idée. Il y avait certes un contrôle autour de cela, mais on n’est pas des fashionistas ! C’est une forme d’expression également. C’est important de calculer l’éclairage, l’implantation, ce que l’on va dire pendant le spectacle."

Hubert : "Tous les quatre, on aime les fringues, ce sont nos habits et jamais des costumes. Tout ce que l’on porte sur scène, on pourrait très bien le reporter dans la rue ! C’est nous quoi."

Est-ce que vous trouvez qu’il y a une vague canadienne qui commence à arriver sur la France ?

Hubert: "Il faut rappeler que nous ne sommes pas des musiciens canadiens. A Toronto, il y a une scène musicale dont nous ne faisons pas partie car nous sommes des québécois francophones, c’est différent. Il y a des artistes comme Pierre Lapointe ou Lisa Leblanc qui sont connus en France. Ce sont des artistes que l’on a rencontré plusieurs fois, ils sont devenus de bonnes connaissances. On trouve ça génial ce pont qui traverse l’Atlantique, ce pont qui existe depuis quand même un bon bout de temps maintenant. The Seasons continue à circuler sur le pont avec les autres !"

Remy : "Il est sacrément haut d’ailleurs ce pont puisqu’il passe au-dessus de l’Atlantique !" (Rires)

Quels sont les artistes français que vous affectionnez particulièrement ?

Hubert : "On adore Serge Gainsbourg, Jacques Dutronc, Alain Bashung, Phoenix, Cocorosie. Ils font partie de la musique que l’on respecte et qui nous influence aussi !"

The Seasons, l’interview hors du temps

Est-ce vous avez des groupes que vous écoutez en ce moment et que vous conseillez à nos lecteurs ?

Remy : "Un artiste que l’on aime beaucoup et dont il faut s’intéresser car il va bientôt amener sa musique en France, c’est Patrice Michaud. C’est un bon folk québécois."

Hubert : "Anatone, un ami qui joue du clavier avec nous. Son son est plutôt électro. Ça risque de plaire à la France du coup ! Côté international, on aime beaucoup Perfume Genius, The Drams. On n’est pas vraiment connecté sur les nouvelles musiques."

Julien : "On n’est pas au courant de tout ce qui se passe, c’est vrai, mais on n’est pas prisonnier du passé non plus !"

Enfin, est-ce que Paris vous plait pour l’instant et est-ce que vous avez eu le temps de découvrir la ville ?

Julien : "On a juste vu Montmartre pour l’instant, on a vraiment bien aimé. Sinon on était en tournée jusqu’à présent, on n’avait donc pas vraiment le temps de visiter. Mais là on s’installe pour plusieurs jours on va pouvoir découvrir la Capitale, enfin !"

Hubert et Remy : "En fait jusqu’à présent on représentait Suresnes ! Notre hôtel était là-bas."

Remy : "Oui, on était à Suresnes jusqu’à maintenant, là on déménage à Montmartre, ce sera plus sexy et vivant que Suresnes je pense ! Il ne se passe pas grand-chose là-bas, à 8h tout est fermé, c’est lent ! On est allé dans Le Marais aussi, on a trouvé ça hyper cool !"

Hubert : "Oui Le Marais c’est cool, il y a des frip’, c’est super, tu fouilles dans les bacs et tu trouves plein de trucs ! On a beacoup éternuer quand on y est allé mais on a trouvé de jolies fringues ! C’est tout à 1€, ça vaut vraiment le coup ! Mais j’ai perdu ma veste par contre ! Je l’avais déposé sur un bac le temps d’essayer une fringue, quelqu’un est passé, a cru qu'elle était à vendre et l’a achetée !"

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Par Deborah Albergo le 06 mai 2015
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