L’interview de Jean Tonique par Quejadore

L’interview de Jean Tonique par Quejadore

C’est dans les coulisses de la soirée Time Lapse au Cabaret Sauvage que nous avons rencontré l’artiste le plus groovy de sa génération, le dénommé Jean Tonique. Après un set chaud bouillant, le jeune homme s’est exprimé avec beaucoup de modestie et de pudeur sur sa carrière ascendante.

Peux-tu te présenter et nous expliquer comment tu as commencé la musique ?

Je m’appelle Antoine, j’ai 24 ans et je fais de la musique depuis quatre-cinq ans. J’ai commencé par faire le conservatoire de musique en percussion classique à l’âge de 6 ans. Ça ne m’a pas trop aidé pour la musique électro mais j’ai commencé comme ça. Après, j’ai fait un peu de batterie pour finalement me lancer dans le nu-disco sous le nom de Jean Tonique.

Pourquoi avoir choisi Jean Tonique comme nom de scène ? Est-ce un rapport avec la boisson alcoolisée ?

J’ai trouvé ce nom de scène avec un pote un soir alors qu’on se creusait la tête. Ce qui est cool dans « Jean Tonique » c’est effectivement le côté français du nom qui rappelle mon côté "French Touch" et le jeu de mot avec la boisson et le côté un peu vanne, un peu taquin, de ce dire que les anglais n’arriveraient pas à le dire et seraient plutôt enclin à le prononcer comme la fameuse boisson : le « Gin Tonic ». Finalement, on s’est rendu compte que c’était un peu con de notre part car les anglais n’ont aucun souci à dire « Jean Tonique ». Après, les gens s’en souviennent c’est une bonne chose, ça marque vraiment les esprits.

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Tu t’es fait connaître grâce à ta reprise du morceau « Naive » des Kooks et d’artistes comme Lana Del Rey, Chrystal Fighters et Robin Thicke. Mais tu as également sorti l'année dernière quelques compos présentes dans l'EP « The Look in You Eyes ». Pourquoi avoir décidé de privilégier la composition aujourd'hui ?

Les demandes de remixes j’en ai eu une tonne depuis un an et demi, ça n’arrêtait pas ! Au final, je me dis que sortir un EP, avoir un truc vraiment à moi ça ne pouvait que me pousser, me tirer vers le haut que ce soit pour le booking ou les gens globalement. Que le public se dise : « ça, c’est Jean Tonique, il fait des remixes certes mais il compose aussi à côté ». Je veux que les gens m’identifient comme un vrai musicien au-delà d'un simple DJ. Je trouve ça un peu péjoratif d’être considéré uniquement comme un DJ. Je ne vais pas dire que c'est réducteur car j’ai plein de potes qui sont dedans, ils bossent à fond sur le fait de trouver de nouvelles tracks. C’est vraiment un boulot à part entière. Moi au contraire, j’estime ne pas faire ce travail-là, je produits des sons, je fais de la musique uniquement. Après, je n'ai pas arrêté les remixes. Si on m'en fait la  demande, je prendrais le temps d'y réfléchir. 

Au vu du groove, du disco et des sonorités eighties qui jaillissent de tes titres, regrettes-tu de ne pas être né dans les années 80 ?

Non je ne regrette pas du tout, j’adore l’époque dans laquelle on vie. Après je ne me reconnais pas vraiment dans les sonorités eighties ou les années 80. Je pense que ma musique s’apparente beaucoup plus à la funk et au groove des années 70 et surtout à l’année 1979 qui reste pour moi « THE YEAR ». Celle où tout s’est fait musicalement parlant, celle qui m’inspire au quotidien et qui influence mes titres. C’est vraiment l’année de la référence musicale avec par exemple « Everybody Dance » du groupe Chic. A chaque fois que je trouve des trucs vraiment bien, quand je regarde l’année, je vois que c’est toujours sorti en 1979. 

Es-tu conscient que ta musique rend heureux ?

Si les gens dansent sur ma musique, je suis carrément heureux ! Je ne fais pas de la musique pour forcément faire danser les gens à la base, je fais aussi de la musique pour moi. Non en fait, c’est plus compliqué que ça. Si c’est possible de faire danser les gens via ma musique, j’adore.  S’il n’y a que moi qui trouve que ça tue et que je suis le seul à en profiter, ça n’a plus d’intérêt. Honnêtement, je préfère encore plus faire kiffer les inconnus que mes potes qui me connaissent déjà car je fais de la musique pour partager avant tout. Je ne me dis pas « il faut absolument que les gens adorent ma musique ». Si ils kiffent tant mieux, mais je fais aussi ce que j’aime. Il faut être réaliste, il y a peu de gens qui viennent me voir encore aujourd’hui. J’ai vraiment l’impression d’être encore dans l’anonymat. Je n’ai pas ce sentiment de faire des choses qui parlent aux gens et d’avoir ce côté « star ». 

Quel regard portes-tu sur la musique électronique aujourd’hui en France ?

J'aime beaucoup la production du Dj français Darius par exemple, qui sans réelle formation musicale, arrive à composer de très belles choses, ce qui est le cas de beaucoup de monde aujourd'hui. Moi j'ai certes une formation classique à la base, mais finalement ce n'est qu'un support pour le reste de la production musicale qu'on apprend tous plus ou moins sur le tas. Sinon je pourrais citer aussi Kartell et FKJ comme artistes que j'apprécie, autant en tant que pote que pour leur musique. 

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Quels sont tes prochaines actus ?

Si tout ce passe bien je sors un EP en décembre prochain avec le label « PartyFine » de Yuksek. Actuellement, on est en train de chercher des chanteurs pour poser la voix sur mes 5 ou 6 intrus que j’ai déjà composées. Ensuite, je vais continuer ma route avec eux, j’ai quelques dates en Angleterre à venir notamment. Puis l’album j’espère un jour, si les morceaux sont aboutis et qu’ils marchent bien.

As-tu des adresses parisiennes sympas à nous faire partager ?

Juste à côté de chez moi, il y a le Odette et Aimé dans le 9ème arrondissement, 46 rue Maubeuge. C’est vraiment bien comme adresse ! Ils font des bons burgers, de bonnes planches, tout ce qu’il faut pour bien manger. 

Son premier EP ultra disco "The Look in Your Eyes" est sorti le 16 septembre 2013. Pour se tenir au courant des dernières actualités de Jean Tonique, rendez-vous sur sa page Facebook. Pour écouter sa groove contagieuse, c'est sur Soundcloud que ça ce passe. 

Par Morgane Mallet le 30 octobre 2014
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