Autour d'un verre avec... Solène Rigot, à l'affiche de "Les révoltés" cette semaine

Autour d'un verre avec... Solène Rigot, à l'affiche de "Les révoltés" cette semaine

Nous avons rencontré Paul Bartel la semaine dernière pour le premier film de Simon Leclere sorti en salles aujourd'hui. Ce mercredi, c'est au tour de Solène Rigot de nous parler du film et de son métier...

Bonjour Solène ! Tu prends quoi ?

Solène : "De l'eau ! Pour accompagner mes financiers."     

A quel moment tu t'es dit que tu allais faire du cinéma ton métier ?

Solène : "Jamais ! A partir du moment où j'ai rencontré un agent après une représentation de cirque, peut-être, c'est comme ça que j'ai commencé.

J'ai passé beaucoup de castings, tous mes premiers films je les ai fait comme ça. Et là plus récemment il y a quelques projets où les gens sont venus me voir directement. C'est très agréable ! (rit) Mais sinon c'est beaucoup de castings quand même, c'est normal d'ailleurs..."

Tu fais aussi de la musique, tu joues de l'accordéon et du synthé dans le groupe Mister Crock. Qu'est ce que la musique t'apporte dans l'interprétation, et qu'est ce que le jeu t'apporte dans la musique ?

Solène : "C'est différent... Dans la musique, c'est un peu comme si j'étais réalisatrice de cinéma. Dans le groupe on compose tout, on fait nos propres trucs, on est vraiment à la base du projet alors que dans le cinéma tu participes au projet de quelqu'un, en essayant de voir ce que tu peux apporter. Les deux son plein de choses intéressantes parce que ça veut dire que l'esprit bouge tout le temps et qu'il est toujours à la recherche de quelque chose. C'est comme ça que ces deux branches de mon travail s'accordent !"

Dans ta filmographie, on voit que tu as beaucoup joué des rôles qui impliquent le corps dans Puppy Love qui semble avoir un rapport à la sexualité très excessif, ou dans Tonnerre où le personnage que tu joues disparaît, donc là le corps est absent. Ce rapport au corps, c'est quelque chose que tu recherches dans ta carrière comme un moyen de te dépasser, de sortir de ta zone de confort ?

Solène : "Il y a ça aussi mais c'est également parce qu'on m'a proposé ces rôles... Et je remercie d'ailleurs toutes les personnes qui me les ont proposé. Quand on me propose quelque chose, je regarde en fait davantage l'histoire globale, le scénario, pour voir si ça me touche. Pas seulement le personnage que l'on me propose de jouer. C'est vrai que c'est important aussi de voir lorsque tu lis un scénario, quelles sont des choses que tu n'as pas encore accomplies, et d'avoir des pistes de travail totalement nouvelles."

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Tu as 22 ans et tu joues des personnages très différents les uns des autres en fait, matures, mais aussi parfois des personnages pré-adolescents...

Solène : "C'est clair que c'est un atout, je peux jouer une large palette de rôles ! C'est dans Tonnerre que j'ai joué la séduction pour la première fois, vu que dans Puppy Love il y avait aussi le côté enfant qui contrebalançait, c'était plutôt l'éveil de la sexualité d'une jeune fille."

Quelle a été ta réaction en lisant le scénario de Les Révoltés ?

Solène : "J'ai été portée par l'histoire, et c'est quelque chose de très important, d'avoir un coup de cœur. D'avoir l'impression d'appartenir à l'histoire en quelque sorte, ou d'avoir l'envie d'y appartenir. Et j'aime beaucoup la ligne directrice, cette histoire d'amour sur fond de lutte ouvrière... C'était vraiment bien mené, très bien écrit. Ce mélange de ces deux aspects fonctionne vraiment bien ensemble !"

Tu tiens le rôle d'Anja, un personnage très dévoué envers Pavel mais aussi très indépendante. Est ce que c'est un paradoxe pour toi ? Est ce que c'est une manière pour elle, jeune fille cadrée, de prendre du recul face à Pavel qui est quand même un personnage très marginal ?

Solène : "Il y a chez elle un désir de partir, de s'envoler. Après elle est aussi un peu perdue, elle fricote avec tous les milieux, à la fois avec Antoine, et Pavel, sans jamais très bien savoir qui elle aime vraiment. Elle est amoureuse de Pavel qui fait partie d'un milieu qu'elle veut quitter, qui lui rappelle son enfance, des souvenirs bien ancrés en elle dont elle voudrait se détacher... Je pense que c'est là que réside cette ambiguité entre indépendance et dévouement."

Comment te guidait le réalisateur, Simon Leclere, dans ton rôle sur le tournage ?

Solène : "On avait de la liberté par rapport à nous même, dans l'attitude, ce que l'on dégageait, etc ; mais on n'avait pas de liberté par rapport au texte, il voulait vraiment qu'on le suive tel qu'il était écrit dans le scénario. Et Paul et moi on se retrouve un peu là dessus, on aime bien proposer des phrases que l'on trouve plus naturelles dans notre façon de parler, mais c'était bien parce que ça nous a forcé à faire quelque chose que l'on n'avait pas l'habitude de faire ! Simon était très déterminé sur ce qu'il voulait mais très à l'écoute aussi. Il réfléchissait toujours beaucoup à ce qu'il faisait."

Quels sont tes prochains projets ?

Solène : "Je suis dans la saison 2 de The Tunnel, mon premier projet en anglais. C'est différent de ce que j'ai l'habitude de faire. Et puis je serai dans le prochain film d'Arnaud Des Pallières, avec Adèle Haenel et Adèle Exarchopoulos."

Un groupe de musique que tu aimerais nous faire découvrir ?

Solène : "Bagarre, c'est vraiment chouette. Songhoy Blues aussi c'est super, c'est un groupe de musique de rock africain. Ils sont dingues !"

Le bar que tu nous conseilles ?

Solène : "Le Zéro Zéro, vers Sébastien-Froissart. Mon préféré. Un petit bar de la taille d'une salle de bain où ils passent toujours de la bonne musique et ils proposent de très bons cocktails."

Une expo à aller voir ?

Solène : "Celles de la Gaîté Lyrique. Elles sont toutes bien."

Un resto sympa où manger ?

Solène : "La Bella Donna, une super bonne pizzeria dans le 18ème."

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Retrouvez Les Révoltés, un film de Simon Leclere, au cinéma dès aujourd'hui. Toutes les séances ici

Photos : Marion Jhöaner

Par Jhöaner Marion le 15 juillet 2015
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