AUTOUR D'UN VERRE AVEC... MEHDI MESKAR, ACTEUR

AUTOUR D'UN VERRE AVEC... MEHDI MESKAR, ACTEUR

Un café du 12ème, 14h, dans un Paris tiède, proche de la canicule, qui annonce l'été. Je discute avec Mehdi Meskar, un jeune comédien de 20 ans dont le premier long-métrage en tant que rôle principal est sorti il y a une semaine en Italie. En attendant de le voir dans nos salles, il participe au renouveau des séries françaises avec Le Secret d'Elise, une série atypique diffusée sur TF1 à la rentrée prochaine... Et que l'on attend avec impatience.

Coucou Mehdi !

Mehdi : « Salut ! »

Tu prends quoi ?

Mehdi : « Une limonade...»

Dis-moi, tu es acteur depuis tes 14 ans... Aujourd'hui, tu en as 20. C'est quoi le plus difficile, pour un comédien autodidacte comme toi, qui choisit de ne pas suivre la voie toute tracée d'une école ?

Mehdi : « J'ai eu mon premier contrat professionnel à 14 ans, en effet. J'avais eu, plus jeune, une première expérience de la scène en étant dans une troupe de théâtre. Et par la suite, j'ai préféré les stages, les livres et surtout l'expérience qui sont à eux trois très formateurs, plutôt que les bancs de l'école ! Depuis six ans, j'ai eu de belles expériences, notamment le rôle principal d'un spectacle joué à Abu Dhabi, mis en scène par Franco Dragone (Le Cirque du Soleil, ndlr)... Je pense que le plus dur, c'est d'être toujours optimiste concernant la continuation de sa carrière, car les projets ne se présentent pas toujours de façon régulière.»

Mais bon, il y a surtout de bons côtés...

Mehdi : « Oui évidemment, plein ! Parmi tous, il y a cette sensation d'être quelqu'un d'autre, qui s'accroît au fur et à mesure des tournages dans lesquels je travaille, avec ces rôles qui permettent de vivre des choses radicalement différentes les unes des autres, par procuration. Le cinéma c'est une superbe manière de s'exprimer, et un rôle donne la possibilité de porter des idées et toucher un public peut-être plus large, et plus accessible que les autres arts dans le quotidien, grâce à sa diffusion sur des supports variés ; les salles de ciné, sur internet, à la télévision... »

AUTOUR D'UN VERRE AVEC... MEHDI MESKAR, ACTEUR

Aujourd'hui, on s'est retrouvés après un moment particulier. Tu nous en parles ?

Mehdi : « Oui, aujourd'hui j'ai fait la post-synchronisation pour une série qui sortira à la rentrée prochaine sur TF1, qui s'appelle Le Secret d'Elise. La postsynchronisation, c'est le doublage de soi-même. Parfois il y en a besoin parce que sur le tournage, la voix, ou le son sur lequel on doit se concentrer peut être altéré par un bruit parasite quelconque qui empêche la compréhension de la scène, ou qui l'enlaidit. Donc on ré-enregistre en studio, pour avoir un son correct. Le but pour moi quand je fais de la postsynchronisation, c'est de retrouver la situation initiale dans laquelle j'étais immergé quand j'étais sur le tournage. C'est autre chose quand on a pas de décor et de partenaire pour donner la réplique ! Là , j'ai vu pour la première fois des extraits de la série, ça me fait un premier contact avec l'univers visuel de l'histoire. En j'en suis très heureux, c'est vraiment très beau ! »

Le Secret d'Élise... Le titre est attrayant, c'est mystérieux, ça fait appel à quelque chose de plutôt poétique. Qu'est ce que ça raconte, exactement ?

Mehdi : « C'est une nouvelle mini-série de six épisodes, adaptée d'une série anglaise, et réalisée par Alexandre Laurent (Falco, Profilage, ndlr). Elle sera diffusée à l'automne prochain sur TF1. Le point de départ c'est la disparition d'une petite fille, et l'histoire porte sur les retombées de cet événement tragique sur les personnes qui habitent sa maison, à travers trois générations différentes : en 1969, 1986 et 2015. Bruno Salomone, Valérie Kaprisky, Stéphane Freiss, Armelle Deutsch, Bénabar font partie du casting... »

Et toi, qui est-ce que tu joues, dans la série ?

Mehdi : « Je joue le rôle de Yanis pendant son adolescence, en 1986. A cette époque, il a une histoire d'amour avec une jeune sourde et muette. C'est son premier amour, alors ça le marque... Et puis on le voit aussi adulte, mais c'est Samir Boitard qui joue la version plus âgée du personnage ! Pour les comédiens d'origine arabe comme moi, les rôles sont quand même souvent limités à des personnages stéréotypés, des jeunes à problèmes, qui vivent dans les cités, ancrés dans des histoires très sociales. J'ai apprécié le choix d'Alexandre, le réalisateur, qui n'a pas déterminé le rôle en fonction de son groupe ethnique, et qui permet de briser les archétypes traditionnels. »

C'est ta première série TV, en France. Qu'est ce que tu en retiens ?

Mehdi : « J'ai pu travailler avec d'excellents comédiens, notamment Bruno Salomone, Hélène de Fugerolles, Théo Fernandez... Et puis la série est très exigeante envers la qualité de l'ensemble. Les décors sont sublimes, il y a une recherche esthétique très poussée. Je pense que ça va contribuer à réactualiser la situation de la série française aujourd'hui. Ce que je préfère, c'est le cinéma ! Mais la série prend une place importante aujourd'hui dans la vie des gens, et je crois que Le Secret d'Elise répond aux attentes actuelles, qui sont en train de modifier la perception négative de ce format ; on le voit avec l'évolution des séries Netflix, ou les séries Canal +... Et même l'école de cinéma de la Fémis, qui a créé un département Série il y a deux ans ! »

AUTOUR D'UN VERRE AVEC... MEHDI MESKAR, ACTEUR

Il y a vraiment une différence entre jouer un rôle dans un film ou dans une série ?

Mehdi : « La différence entre incarner un personnage au cinéma ou à la télé existe bien, oui. Pour un long-métrage, on pense à un personnage dans la durée ; chaque scène est réfléchie par rapport à celle qui la suit ou la précède. Dans une série, on peut laisser les choses s'installer plus lentement ; parce que oui, les épisodes sont plus courts, mais au final une saison c'est bien plus long qu'un film, et finalement ça laisse le temps de développer plusieurs personnages pendant des heures. Et puis, sur les tournages ça ne se passe pas de la même façon.»

Donc tu préfères le cinéma. Est-ce qu'il y a un genre, alors, sur lequel tu voudrais axer ta carrière ?

Mehdi : « J'aime le cinéma d'auteur, qui permet de transmettre des idées engagées, avec une forme artistique développée très empreinte de la vision du réalisateur. Le genre de films qui fait évoluer la mentalité des gens, qui casse les préjugés... Sans forcément aimer le résultat, ce sont des films qui marquent et que l'on retient grâce à la réflexion qu'ils nous apportent. »

Cool. Et en attendant sa sortie début octobre, tu fais quoi ?

Mehdi : « Là je viens de rentrer de Rome, où je faisais la promo de Pitza E Datteri, une comédie italienne réalisée par Fariborz Kamkari. C'est le premier long-métrage dans lequel j'interprète le rôle principal. Le film traite avec ironie des problèmes ethniques actuels en Italie, de l'intégration de l'Islam dans la société italienne... Mais c'est un sujet qui touche toute l'Europe finalement. En France aussi c'est un thème important, alors j'espère le voir sortir en salles ici aussi. Et puis cet été je tourne dans le film d'un réalisateur français que j'aime beaucoup, avec un casting international, mais je ne peux pas trop en dire plus pour le moment ! »

Retrouvez l'actualité de Mehdi Meskar sur son site internet, ou sur sa page facebook. 

© Photos: Marion Jhöaner 

Par Jhöaner Marion le 05 juin 2015
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